Une formation pas à pas
Le cycle d’accompagnement collectif à la mise en récits de projets de transitions, conçu et animé par le Cerdd, visait à former, stimuler, initier et essaimer des initiatives de mise en récits dans tout le territoire régional.
Afin de découvrir progressivement une notion aussi complexe que la mise en récits, le cycle était découpé en sept journées de formation collectives. Le premier temps de découverte des fondamentaux de la mise en récits a eu lieu en février 2025. Ensuite, chacune des journées a permis d’explorer l’une après l’autre chacune des cinq dimensions de celle-ci.
Marie Francoz, de la Communauté urbaine d’Arras revient sur cette année d’accompagnement : « On n’a pas seulement parlé de storytelling, mais aussi de management en coopération, d’évaluation… Ce que j’ai appris c’est que l’objetif de la mise en récits n’est pas seulement de produire une belle histoire mais de donner à tous les acteurs l’envie de s’engager dans un projet en leur donnant aussi la possibilité de s’exprimer et de construire un ou plusieurs récits communs.»
Pour comprendre les subtilités des cinq dimensions de la mise en récits, des intervenants extérieurs sont venus partager leurs expertises et leurs retours d’expériences :
- Barbara Nicoloso de Virage Energie et Marie Henneron de la Ville de Fourmies lors de la journée sur la mise en trajectoire ;
- Martha Bozek avec son retour d’expérience à Sailly-Lez-Lannoy sur l’implication ;
- Albin Wagener qui a présenté en avant-première les résultats de l’étude sur les récits des initiatives emblématiques des transitions (soutenue par l’ADEME) lors de la journée sur la communication sincère ;
- Maxime Salley du Club Noé qui nous a aidé à mieux comprendre les effets du management en coopération ;
- et Karine Sage de Quadrant Conseil qui nous a guidé dans les enjeux de l’évaluation.
Une volonté de mettre en pratique
Pour rendre ces enseignements concrets, le Cerdd a veillé à alterner les séquences de transmission théorique avec des moments de débat (en sous-groupe et plénière), des exercices en groupe-projets et d’autres entre pairs.
Par ailleurs, les six territoires lauréats sont venus avec un projet précis à mettre en récits, et accompagnés de structures partenaires. Ainsi, ils ont pu à chaque journée mettre à profit les enseignements du jour en les appliquant directement à leur situation. Cette application sur-mesure a été renforcée grâce aux deux demi-journées d’accompagnement individualisé, proposées et animées en parallèle par le Cerdd pour chacun d'entre eux.
Pour Baptiste Lemirre, lui aussi de la Communauté Urbaine d’Arras, « les apports théoriques et les exercices étaient très intéressants, maintenant ce qui est important est de voir quelle suite on va donner à cela. Il faut qu’on travaille à plusieurs au niveau de la collectivité et qu’on réussisse à faire “un” pour aller encore plus loin !»
Le cycle s’est achevé le 5 mars 2026 avec une journée de clôture placée sous le signe de la mise en pratique et de l’entraide. Grâce au format du codéveloppement, chaque territoire a pu présenter aux autres un problème auquel il est confronté dans sa démarche de mise en récits, et bénéficier ainsi de leur expertise.
Coline Carême de la ville de Lomme revient sur cet échange : « Sur la partie du codéveloppement pour mon projet, je retiens plusieurs choses : déjà qu’il faut axer absolument sur l’interne et embarquer les collègues et l’administration en général, pour massifier la question des transitions en interne avant de se dire “qu’est-ce qu’on va faire avec les habitants ?” et “comment va-t-on aller dans la ville pour parler de ces questions-là ?”. Je retiens aussi que c’est une question de méthodologie : qu’est ce qu’on se donne comme outils ? Avec qui ? Avec quelle temporalité et quel mandat ?»
La journée de clôture fut donc studieuse : les esprits ont bouillonné et les idées ont fusé !