Réemploi et recyclage dans l’automobile
En 2022, c’est l’entreprise Blackstar qui investit la première un espace de 46 000 m² au sein de l’ancien site Brigestone, rebaptisé « Reverse Industry ». Spécialisée dans le reconditionnement de pneu, elle fabrique des pneus neufs à partir de gomme usagée, ce qui génère, selon l’entreprise, 63% moins de CO2 qu’un pneu neuf. En 2023, ce sont Ennea Groupe et BringBack qui s’installent sur le site. Tandis que la première reconditionne de l’électroménager, la seconde participe à la régénération de batteries au plomb. En 2024, Mécaware vient compléter l’offre en proposant le recyclage de batteries qui ne peuvent pas être régénérées pour en récupérer les matériaux. En plus de la centaine d’emplois créés, avec une volonté de s’accroître, le site a pour volonté de s’intégrer au tissu industriel déjà présent en région. BringBack est par exemple partenaire de Néoéco, entreprise spécialisée dans l’économie circulaire et le zéro déchet implantée dans le Nord.
Au total, 83% du site est occupé, avec 13 entreprises qui se revendiquent de l’économie circulaire.
Moins de déchets, et plus de coopération
Le premier levier pour éviter les émissions de gaz à effet de serre et la production de déchets est la sobriété. Dans le deuxième et troisième temps de la séquence « Réduire, réutiliser, recycler », ce modèle est particulièrement vertueux pour plusieurs raisons :
- Il permet de conserver des savoir-faire locaux autour de l’automobile et de créer un récit dynamique autour de la réindustrialisation ;
- Il stimule la coopération entre les entreprises qui se spécialisent dans l’économie circulaire à l’échelle régionale ;
- Il réduit fortement l’impact environnemental des produits réutilisés ou recyclés dans son modèle. Dans le cas des pneus, selon l’ADEME en 2023, seulement 2,7% des pneus récupérés au sein de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) est traité en rechapage, comme chez Blackstar, alors que la grande majorité est brûlée pour être valorisée énergétiquement. Pour ce qui est des batteries, celles qui peuvent être régénérées sont envoyées chez BringBack, tandis que Mécaware s’occupe de recycler celles qui ne le peuvent pas. Dans tous les cas, on évite l’extraction et la consommation de nouvelles ressources pour produire de nouveaux produits, en plus de diminuer l’empreinte carbone de la fabrication.
La volonté du groupe SIG est maintenant de montrer le caractère réplicable de la démarche. Un groupe d’universitaires de Rennes a par exemple pu découvrir la « Reverse Industry » lors d’une visite à l’été 2025 : de quoi sûrement stimuler ses réflexions autour des nouveaux modèles économiques plus vertueux !