Réduire le risque inondations grâce au site d’écrêtement de Longueil-Sainte-Marie

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  • Mise à jour le January 8, 2026
  • Création le January 7, 2026
  • Longueil-Sainte-Marie

Depuis 2009, l’ouvrage hydraulique de Longueil-Sainte-Marie, situé dans l’Oise, bénéficie à 54 communes exposées à un risque important d’inondation. Il permet de limiter les dommages lors de crues majeures de la rivière Oise en stockant provisoirement jusqu’à 14 millions de mètres cubes d’eau. L’ouvrage construit et géré par l’Entente Oise-Aisne, établissement public territorial de bassin, fait aujourd’hui l’objet d’études pour augmenter sa capacité de stockage.

Le projet en bref

Objectifs de développement durable

  • 11. Villes et communautés durables
  • 13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
  • 14. Vie aquatique

# Sur les mêmes sujets

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« La crue du siècle ». En 1993 et 1995, les rivières Oise, Aisne et leurs affluents ont connu des crues majeures provoquant des dommages très importants sur le bassin versant. Des milliers d’habitant·es ont dû être évacué·es, des décès ont été recensés, et les activités économiques ont été fortement perturbées.

Stratégie de bassin

Ces événements ont provoqué une prise de conscience de la vulnérabilité des territoires face aux risques naturels et ont conduit l’Entente Oise-Aisne à adopter une nouvelle stratégie de sa politique de lutte contre les inondations. L’objectif affiché a été d’agir à grande échelle pour avoir une cohérence et une efficacité accrue permettant de réduire le risque d’inondation. Après une phase d’étude approfondie et la constitution des documents réglementaires, trois grands ouvrages hydrauliques ont été construits : deux barrages dans l’Aisne à Proisy et à Montigny-Sous-Marle, et un site d’écrêtement des crues à Longueil-Sainte-Marie (60).

Un site d’écrêtement

Le site d’écrêtement des crues de l’Oise est aménagé en aval de Compiègne (60) sur un espace propice à l’étalement des crues. L’ouvrage s’étend sur 3 000 hectares. Il est composé de cinq casiers, qui sont de vastes zones constituées d’étangs, de bois et de prairies ceinturées par des digues dans lesquels l’eau peut s’étaler. Les déversoirs permettent d’écrêter le volume d’eau excédentaire de la crue gravitairement en les dirigeant vers les casiers. L’eau y est stockée provisoirement. Une fois le pic de crue passé, les eaux regagnent la rivière progressivement via un système d’ouverture de vannes. Au total, ce sont près de 57 étangs, deux déversoirs et huit vannes qui permettent le stockage de près de 14 millions de mètres cubes d’eau, réduisant ainsi les dommages en cas de crue similaire à celle de 1993, dont l’occurrence est amenée à se multiplier avec le changement climatique.

Panneau pédagogique sur l'ouvrage hydraulique de Longueil-Sainte-Marie © Entente Oise-Aisne
Panneau pédagogique sur l'ouvrage hydraulique de Longueil-Sainte-Marie © Entente Oise-Aisne

Un ouvrage d’intérêt général 

Inauguré en 2009, l’ouvrage a coûté environ 10 millions d’euros. L’analyse de l’époque a permis d’évaluer à 90 millions d’euros l’économie de dommages à la société pour chaque crue pleinement régulée. « Mais depuis sa construction, l'urbanisation s’est intensifiée sur ce secteur ; ce chiffre de dommages évités est sans doute à actualiser. C’est un investissement particulièrement rentable par rapport aux coûts des inondations », nous explique François Paris, directeur des ouvrages et de l’exploitation à l’Entente Oise Aisne.

Les exploitant·es agricoles dont les parcelles peuvent être sur-inondées en cas de remplissage des casiers sont indemnisés selon des dispositions précises décrites dans le protocole local de garantie à l’activité agricole signée en mai 2009 avec la Chambre d’agriculture de l’Oise.

Un ouvrage intégré et un cadre de vie valorisé

Une piste cyclable a été aménagée par le Département de l’Oise sur la crête de digue, ce qui contribue à améliorer le cadre vie des habitant·es. Une partie du site présentait un intérêt écologique important et nécessitait une attention particulière lors de l’aménagement. De ce fait, l’Entente a créé la réserve de l’Ois’eau qui s’étend sur 93 hectares de zone humide et permet l’accueil de nombreuses espèces rares, comme le fuligule milouin, un canard évalué comme menacé d’extinction.

Actuellement, des études sont menées par l’Entente Oise-Aisne pour augmenter les capacités de stockage de l’ouvrage et le rendre opérationnel pour des crues plus fréquentes et ce grâce à un système de pompage et une extension du périmètre de digue.

Cet ouvrage constitue une solution technique importante pour contribuer à l’adaptation des territoires au changement climatique. D’autres solutions fondées sur la nature sont également possibles pour limiter les risques d’inondation sur les territoires : reméandrage, renaturation des cours d’eaux… Certaines de ces solutions ont par ailleurs été explorées lors du Climatour #17 « Inondations et résilience : des solutions pour s'adapter au changement climatique » organisé par le Cerdd à Longueil-Sainte-Marie en 2020.

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