Objectif zéro exclusion énergétique avec les Campagnes de l’Artois

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  • Mise à jour le February 4, 2026
  • Création le February 4, 2026
  • Avesnes-le-Comte

Depuis sa création en 2017, la Communauté de communes des Campagnes de l’Artois met l’accent sur la rénovation énergétique des logements de son territoire. Lauréat d’un appel à manifestation d’intérêt proposé par le collectif STOP Exclusion Energétique en 2023, le territoire accompagne les foyers en précarité énergétique qui en font la demande. Une initiative qui combine enjeux économiques, sociaux et écologiques.

Le projet en bref

Objectifs de développement durable

  • 1. Pas de pauvreté
  • 7. Énergie propre et d'un coût abordable
  • 12. Consommation et production responsables

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  • #précarité énergétique

Selon le collectif STOP Exclusion Energétique, 12 millions de personnes en France vivent en situation de précarité énergétique. Elles éprouvent des difficultés à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de leurs besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de leurs ressources ou de leurs conditions d’habitat. Parmi ces douze millions, deux millions sont en exclusion énergétique, c’est-à-dire qu’elles vivent dans une passoire thermique qui ne permet pas de se chauffer correctement tout en se situant dans les 50% plus faibles revenus. Parmi ces logements, 500 000 sont des maisons individuelles. 

Dans les Hauts-de-France, 40% des logements sont considérés comme étant des passoires thermiques, contre 20,5% au niveau national (source : site rev3 Hauts-de-France). Or, le résidentiel est le 3e secteur qui consomme le plus d’énergie, et le 4e secteur le plus émetteur de CO2 en 2022 en Hauts-de-France (source : plateforme TrACE). Rénover énergétiquement les logements est donc un levier majeur du développement durable en région. 

Une politique groupée du logement 

Avec 96 communes en son sein, la Communauté de Communes des Campagnes de l’Artois est l’une des plus grandes de la région. Elle est concernée par un phénomène que d’autres territoires ruraux connaissent : la décohabitation, moment durant lequel des personnes formant un même foyer cessent d'habiter sous le même toit. Les effets sont visibles sur le territoire et un nombre croissant de personnes seules vivent dans des logements individuels, le plus souvent assez anciens, en précarité énergétique. 

Dès 2017, la communauté de communes entre en contact avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et met au cœur de ses politiques, la rénovation des logements à travers son projet de territoire et son plan climat air-énergie. En 2021, un Guichet Unique de l’Habitat, labellisé par la Région Hauts-de-France, voit le jour pour aider les particuliers qui le souhaitent à faire des travaux de rénovation. En parallèle, des réflexions sont menées avec l’architecte des bâtiments de France et le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) du Pas-de-Calais, pour penser la politique du logement au sens large, en lien avec les enjeux environnementaux, économiques et sociaux. De nouvelles expérimentations sont lancées : déploiement du défi « famille énergie positive » ou encore prêt d’une valise d’auto-diagnostic des performances énergétiques de son foyer… 

Plus de communication et de coopération pour plus d’action 

En 2023, les Campagnes de l’Artois sont lauréates, avec 14 autres territoires, de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Territoires Zéro Exclusion Energétique », lancé par le collectif STOP Exclusion énergétique. « Malgré les aides de l’État, proposées notamment par l’Anah, les ménages les plus précaires ne se saisissent pas de ces dispositifs pour rénover leur logement, explique Éric Bailly, coordinateur Ensemblier Territorial pour le programme “Territoires zéro exclusion énergétique”. Les raisons sont multiples : une méconnaissance des aides existantes, une peur de se lancer dans des travaux d’ampleur, de se faire arnaquer, de ne pas pouvoir boucler le plan de financement et d’avoir un reste à charge trop important. On a donc mis l’accompagnement des ménages au cœur du projet ». Lorsque la participation à l’AMI est proposée aux élu·es, ces dernier·ères font le lien avec les politiques déjà en place dans la collectivité et s’en saisissent rapidement. 

Avec plus de 3000 ménages en précarité énergétique accompagnés au national, le programme se base sur deux grands principes : la communication et la coopération.

« Malgré les aides de l’État, portées notamment avec l’Anah, les ménages les plus précaires ne se saisissent pas de ces dispositifs pour rénover leur logement», Éric Bailly.

Le repérage du public cible nécessite un travail méticuleux, car il n’existe pas de profil-type du ménage en situation de précarité énergétique, qui est souvent « invisible ». Pour entrer en contact avec les personnes concernées, le programme se base sur une coopération entre les porteur·ses du programme et d’autres acteur·ices régionaux. En premier lieu, les élu·es et agent·es des collectivités qui ont une connaissance accrue du territoire et de ses habitant·es. Ensuite, ce sont des acteur·ices sociaux comme les centres communaux d’action sociale (CCAS) ou des associations qui ont été mobilisés.

« Quand Éric est arrivé, il est allé rencontrer chacun·e des partenaires un·e par un·e, souligne Aurélien Lefebvre, responsable urbanisme, planification et habitat au sein de la communauté de communes. Il a remobilisé des relations que nous avions déjà et est allé mobiliser de nouveaux·elles partenaires que nous n'avions pas encore rencontré·es. C’est aussi ça qui a permis de créer une relation de confiance entre les partenaires et nous. » Les agent·es de la Poste fonctionnent par exemple en relais auprès des publics qu’ils et elles rencontrent pour faire le lien entre les habitant·es et le programme Territoires zéro exclusion énergétique. 

Une « ruralité active » au service de ses habitant·es

Une fois le contact effectué, l’opérateur·ice designé·e vient aider au diagnostic énergétique du logement, propose des travaux possibles, dirige vers des artisan·nes de confiance, aide au dépôt de demande d’aides… Et cela sans rien imposer. Dans le cas où les ménages ne seraient pas éligibles à l’accompagnement lié au projet « Territoires Zéro Exclusion Energétique », les Campagnes de l’Artois s’engagent à aider autrement pour répondre aux problématiques. « La politique qu’on porte ici, c’est d’essayer de ne laisser personne sur le bord de la route », conclut Aurélien Lefebvre. 

L’objectif est d’accompagner 50 ménages d’ici à fin d’année 2026, pour leur permettre de gagner au minimum deux classes énergétiques (de G à E). « On défend la ruralité active. Et la ruralité, c’est aussi être en capacité de déployer, de tester et d’expérimenter », explique Aurélien Lefebvre. Financé par le programme Certificat Economie d’Energie piloté par le ministère de la Transition énergétique, le projet « Territoires Zéro Exclusion Energétique » permet à la fois la montée en compétence des opérateur·ices, et la réduction de la précarité énergétique dans les logements.

Le collectif STOP Exclusion Énergétique dresse un bilan positif de la première partie de déploiement et souhaite maintenant étendre son projet à 50 nouveaux territoires dans les années à venir !