La lutte contre l’érosion des sols passe par le dialogue : la mission du Pôle Érosion
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- récit
Le Pôle Érosion a été créé en 2017 en partenariat entre l’Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Ameva et l’association Somme Espace Agronomie pour proposer des programmes d’actions de prévention et des solutions aux collectivités territoriales dans la lutte contre l’érosion des sols.
Fiche initialement publiée en 2022.
Le projet en bref
Objectifs de développement durable
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En matière d’érosion des sols et de risques de ruissellement et d’inondation, les causes sont aujourd’hui bien connues. Le développement urbain, les constructions sur les axes naturels de ruissellement des eaux, la généralisation de vastes exploitations agricoles sans haies : autant de boulevards pour les fortes pluies et les ruissellements de plus en plus intenses et fréquents en raison du changement climatique.
Mais les solutions pour y remédier émergent et tendent à être déployées. C’est justement la mission que s’est donnée le Pôle Érosion : diffuser et généraliser ces solutions. Un large panel existe, allant de la plus naturelle à la plus ouvragée, du moindre coût au plus onéreux :
- Les actions agronomiques de prévention comme l’association de cultures ou l’assolement concerté, un choix de plantation coordonné entre parcelles, qui diminue le risque d’érosion en choisissant des cultures dont le système racinaire va par exemple retenir la terre ou faciliter l’infiltration par exemple ;
- Les solutions d’hydraulique douce inspirées du génie végétal, comme les haies ou les fascines permettent de ralentir et stopper les eaux de ruissellement ;
- Les ouvrages semi-naturels de régulation de l’eau, tels les fossés, les noues, les mares qui stockent les eaux excédentaires et facilitent l’infiltration ;
- Les ouvrages structurants comme les bassins de stockage lorsque les solutions plus douces ne sont pas possibles ou suffisantes.
Une attention profonde à la co-construction et la coopération
Depuis la signature de la convention 2017-2020 entre le Pôle Érosion et l’Agence de l’Eau, renouvelée en 2020 pour trois ans, ce sont quatorze programmes, concernant 32 000 hectares de surface, qui ont été engagés à la demande des collectivités territoriales touchées par ces problématiques.
Le Pôle Érosion offre aux collectivités l’assistance administrative et technique dont ils ont besoin pour la rédaction des dossiers réglementaires jusqu’à la mise en place des ouvrages, en tant qu’assistant à la maîtrise d’ouvrage sur son territoire d’action et en collaboration avec d’autres intercommunalités hors de leur zone d’action du bassin versant de la Somme.
Un important travail d’animation territoriale est mené, et notamment autour de l’acceptabilité par les agriculteur·rices et propriétaires fonciers des solutions existantes qui nécessitent des changements de pratiques agricoles et d’aménagement des terrains.
Toute la richesse, l’utilité et l’humilité de structures comme le Pôle Érosion est là : dans l’accompagnement des publics, des propriétaires fonciers aux agriculteur·ices en passant par les aménageur·rices urbains et les collectivités territoriales, dans ces transitions nécessaires et ces changements de pratiques. La nature même de la structure reflète cette attention profonde à la co-construction et la coopération : celle d’une mission partagée entre l’Ameva, chargé de la gestion des eaux, et l’association Somea portée par la chambre d’agriculture.
Le dialogue est ouvert et apaisé, les blocages identifiés et les alternatives nombreuses. L’engagement et l’ouverture d’esprit de tous·es sont désormais nécessaires, et le Pôle Érosion les rend possibles.
En quoi cette initiative est-elle bonne pour l’adaptation au changement climatique ?
Avec le changement climatique, les épisodes de fortes pluies vont augmenter en fréquence et en intensité. Conséquence : les risques d’inondation par ruissellement et de coulées de boue liées à l’érosion des sols agricoles vont s’accentuer, avec des impacts sur la sécurité et la santé des personnes, sur les infrastructures ainsi que sur les cultures.
Le développement d’ouvrage de gestion de ces ruissellements est donc essentiel pour faire face au changement climatique actuel et futur. Pour mener à bien ces travaux, la combinaison de différentes techniques et une vision transversale à une échelle cohérente, celle du bassin versant, est nécessaire. Une animation de cette thématique auprès des différentes acteurs permet de sortir d’une dynamique de rejet de la responsabilité sur les autres, et d’entrer dans la construction collective de solutions coordonnées vers un territoire résilient.
