A priori, un rapport de l’Académie des Sciences sur un sujet aussi technique que la géo-ingénierie peut sembler être une lecture dissuasive. Et pourtant ! Malgré la complexité du sujet, le rapport publié par l’Académie en octobre 2025 est très accessible. Il permet de comprendre plus en détails le principe de fonctionnement de certaines de ces solutions, et d'y trouver des arguments, scientifiquement fondés, pour ou contre ces technologies émergentes.
Toutes les nuances de la géo-ingénierie
L’Académie définit la géo-ingénierie comme étant toutes les « méthodes d'intervention directe sur le système climatique à l'échelle planétaire pour limiter le réchauffement global [...] certaines méthodes s'appuient sur des phénomènes naturels qu'elles tentent d'amplifier ou d'accélérer, d'autres font appel à des processus technologiques ».
Partant de cette définition, le rapport est construit en trois parties, correspondant à trois grandes catégories de méthodes – déclinées ensuite en plusieurs méthodes ou technologies. Pour chacune d'entre elles, le rapport expose à chaque fois : ce que c'est, ses atouts, ses limites, et les recommandations de l'Académie.
On trouve donc dans le rapport des explications sur :
- les méthodes de modification du rayonnement solaire :
- l’injection d'aérosols stratosphériques ;
- les méthodes d'élimination et stockage à long terme du CO2 :
- le stockage dans la biomasse terrestre et les sols (forêts et sols) ;
- le stockage dans l'océan avec des méthodes biologiques ;
- la fertilisation océanique au fer,
- la culture de macroalgues, dite « afforestation océanique »,
- la conservation et la restauration des écosystèmes dits du « carbone bleu »,
- l’altération provoquée des roches et l’alcanisation de l'océan.
La dernière partie traite des méthodes de captage, stockage et valorisation du CO2 ne misant pas sur des stockages de carbones naturels, en précisant une nuance. Si le carbone capté était déjà présent dans l’atmosphère, il s’agit bien de géo-ingénierie ; mais si celui-ci est capté directement à la source des émissions, alors ces méthodes relèvent plutôt du domaine de l’atténuation. L'Académie des Sciences traitent tout de même ces solutions, considérant que quelque que soit l’origine du carbone capté, leurs caractéristiques sont proches de celles de la géo-ingénierie. On y trouve donc des explications sur :
- le captage direct du CO2 dans l’air : solvants liquides, sorbants solides, carbonation minérale, électro-swing ;
- les méthodes de valorisation du CO2 ;
- le stockage du CO2 dans le sous-sol terrestre.
L’illusion du technosolutionnisme versus les cobénéfices réels des solutions fondées sur la nature
De manière générale, l'Académie se prononce fermement en défaveur des solutions de géo-ingénierie. Cette opposition est notamment liée à la grande incertitude concernant les effets à long termes et les risques systémiques de ces différentes méthodes.